Affichage des articles dont le libellé est Dix (Otto). Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dix (Otto). Afficher tous les articles

mardi 26 janvier 2010

Otto Dix, Autoportrait en soldat (1914)

J’éprouve un grand intérêt pour les expressionnistes, mais j’ai découvert l’œuvre de Dix (1891-1967) sur le tard, en feuilletant un livre introductif sur l’expressionnisme. L’expressionnisme pratiqué par des artistes comme Dix et Georg Grosz, qu’on pourrait qualifier de « grotesque » ou de satirique, m’emballe un peu moins que l’expressionnisme lyrique et inquiétant d’un Van Gogh ou d’un Soutine, par exemple.

Ce n’est pas toujours vrai, cependant : les œuvres que Dix a consacrées à la première guerre mondiale (à laquelle il a participé) sont d’une puissance extraordinaire. Ces peintures et ces eaux-fortes ne peuvent être oubliées après qu’on les ait vues. Je pense notamment au cycle d’eaux-fortes La guerre (1924; Der Krieg), digne de Goya; au triptyque lui aussi intitulé La guerre (1932), que j’ai vu à Dresden (où Dix enseignait avant d’être congédié par les Nazis, qui le considéraient comme un « artiste dégénéré ») et qui m’a énormément ému et impressionné; mais je pense aussi à une image beaucoup moins ambitieuse, réalisée à l’encre et à l’aquarelle, plusieurs années auparavant : l’Autoportrait en soldat (1914).



Mon intérêt pour cette image est difficile à expliquer (le mystère de l’art est insondable…). Elle porte la violence de plusieurs autres images guerrières de Dix; une violence qui est ici exprimée par une esthétique très proche de celle du graffiti (pour les motifs emportés et la présence des chiffres et des lettres). Le regard du personnage n’est pas moins vif que ses traits.


J’ai osé recadrer cette image pour en faire mon avatar, sur ce blogue (voir mon profil)… sans trop comprendre ce que ce geste sous-entend!