samedi 5 juin 2010
Quelques-unes de mes peintures favorites du Tate Modern de Londres
Je marque mon retour avec un vidéo (après ceux qui ont été consacrés au MoMA et au Metropolitan, à New York) -- comme dans les autres vidéos, je m'en tiens, ici, exclusivement aux peintures de la collection permanente.
Dans l'ordre, on y trouve des œuvres de Claude Monet, Joan Miro, Georges Rouaut, Asger Jorn, Yves Tanguy, Joan Miro (encore), Salvador Dali (encore), Max Ernst (deux fois), Francis Bacon et Roy Lichtenstein.
lundi 1 mars 2010
René Magritte, Valeurs personnelles (1952) et Salvador Dali, Nature morte vivante (1956)
On croyait le genre… mort (!), au XXe siècle, une période remplie d’expérimentations hardies qui paraissaient remettre en question bien des critères classiques. Les peintres modernes ont toutefois accordé une attention soutenue au genre de la nature morte. Cézanne fut le premier à la remettre au goût du jour, avec ses célèbres pommes. Après Cézanne, les cubistes ont emboîté le pas et la nature morte s’est trouvée soumise aux permutations les plus étonnantes, car le genre était au centre de nouvelles manières de jouer avec la perspective.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les surréalistes ne se sont pas complètement désintéressés de la nature morte, même s’ils l’ont beaucoup moins pratiquée que les cubistes. Les deux peintures incluses ici le montrent bien; elles ont été peintes à seulement quatre ans d’intervalle.

De Magritte (1898-1967), tout d’abord, Valeurs personnelles (1952). Avec ses objets démesurés et son atmosphère à la fois paisible et silencieusement menaçante, le tableau a plusieurs points en commun avec d’autres tableaux magrittiens qui sortent les objets de leur monde habituel pour les transplanter ailleurs. Mais l’effet est plutôt singulier dans cette image!

De Dali (1904-1989), ensuite, Nature morte vivante (1956), qui donne à un genre habituellement stable et immobile une dimension mouvante et imprévisible. Cette peinture est l’un des emblèmes d’une période qu’il a lui-même qualifiée d’ « archangélisme scientifique » ou de « mysticisme nucléaire » – des perspectives à peu près impossibles à décrire en quelques mots, qui provoquent la rencontre d’éléments à première vue contradictoires.
